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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 16:00

L'erreur judiciaire peut être quelques fois le résultat d'un concours de circonstances fortuit. J'aurais pu connaître pareille situation dans les années 1974. 

Je travaillais à l'époque à Châtillon sous Bagneux. Habitant à Rueil-Malmaison, je passais par Versailles pour me rendre chez moi et longeait ensuite une forêt appelée "Forêt de Fausse Repose". 

Un jour, les actualités télévisées de 20 heures nous apprennent qu'un assassinat sur une jeune fille a été commis la veille. La jeune fille a été découverte non loin de Versailles dans la forêt de Fausse Repose. Des témoins ont aperçu une voiture rouge, sans préciser la marque, stationnée en bordure de la forêt à une heure ou a probablement eut lieu l'agression. L'heure correspond approximativement à l'heure ou je passe. Nous nous regardons avec mon épouse. Mon sang se fige dans mes veines. Je me rappelle m'être arrêté en lisière de ce bois pour satisfaire un besoin naturel. Remonté en voiture, je suis resté stationné un long moment à régler les stations de mon autoradio. Le lendemain, le présentateur du JT de 20 heures précise que les rapports de l'autopsie concluent à un meurtre précédé d'un viol. Il rapporte également que des témoins ont identifié la voiture. Il s'agit d'une Volvo de couleur rouge dont le numéro d'immatriculation se termine par 78.

J'ai une Volvo rouge immatriculée dans les Hauts de Seine, c'est à dire 78. Je suis assommé. J'ai du mal à réaliser.

Que faire. Après discussion avec mon épouse nous concluons que par précaution, il vaut mieux attendre la suite des évènements. Je n'ose imaginer ce qui se passerait si je me présentais au commissariat de police pour signaler cette coïncidence. Je deviendrais immédiatement suspect. Donc interrogé avec des méthodes très persuasives pour vous faire dire des choses qui vont devenir des éléments à charge.

J'ai connu ce genre de  mésaventure. Un voisin avait porté plainte contre moi. Il m'accusait de lui avoir crevé les pneus de sa voiture parce qu'il stationnait sur mon trottoir, ce qui était faux. Je ne me suis jamais amusé à faire ce genre de connerie. J'ai été questionné par un commissaire de police de façon insidieuse. Il me faisait dire des trucs qu'il trouvait suspects. Il me persuadait que j'étais coupable. Son regard inquisiteur me paralysait. « Avouez que vous lui avez crevé ses pneus, et on en reste là » Ca s'est bien terminé, mais j'avoue que je n'étais pas fier. Ca fait peur. Sans l'être, on se sent coupable. C'est terrible. Les histoires judiciaires nous apprennent que des suspects innocents ont avoué des meurtres qu'ils n'avaient pas commis sous la pression des policiers qui les interrogeaient. Même en se rétractant par la suite ils restaient suspects.

J'en reviens à mon histoire. Nous attendîmes dans l'angoisse et la peur qu'un agent de police sonne un jour à ma porte:

« La voiture qui est stationnée devant chez vous est à vous ?»

La peur au ventre.

Puis la délivrance est arrivée 2 mois après. L'assassin avait été arrêté. Confondu, Il était passé aux aveux.

Ouf de soulagement.

 

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